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Eloge de la contrainte

1er août 2011, 13:10, par Naturophile

Cher Pascal, en vacances par ici, j’en profite pour m’aérer les jambes ...et l’esprit . J’ai aimé votre "éloge de la contrainte" si bien appliquée par ces Oulipiens de Georges Pérec , Italo Calvino et d’autres ... Contrainte de départ qui a conduit à tant de petits chefs d’oeuvre comme ma dernière lecture, "Le Baron Perché", et bien d’autres jeux littéraires, voire philosophiques, à déguster sans retenue en vacances ...Mon plaisir de vous lire s’est atténué au 2ème message, mais je voudrais relancer le débat, car c’est bien cela que vous nous invitiez à faire ?
Voici ma requête : Pourquoi avoir si vite quitté la compagnie délicieuse de Georges Pérec et son complice Italo Calvino, et pourquoi êtes-vous retourné si vite sur le plancher des vaches, que notre Baron Perché a si bien fait de déserter, malgré toutes les contraintes qu’il a du accepter ? Je ne saisis pas non plus pourquoi je devrais, la France entière avec moi, faire l’éloge du lobby agricole qui a trouvé le "tuyau" pour ne rien changer à ses pratiques dévoreuses d’eau ? Pourquoi avoir choisi un si mauvais exemple ? Expliquez-moi, s’il vous plaît, Pascal, car, pour ma part, j’y vois plutôt , non pas l’éloge, mais au contraire, le refus de toute contrainte !
Ensuite, l’éloge de la contrainte est tombée dans ce que nous nous sommes habitués ( tenez, l’habitude , voilà bien une méchante contrainte dont personne ne peut faire l’éloge ! ) à appeler "des questions sociales",pour les mettre aussitôt dans le placard appelé "réponses sociales"...
Ainsi, de légère et estivale, la jubilation que vous aviez déclenché est devenue réflexion sérieuse, préoccupation, , inquiétude, nécessité, prévoyance, et au lieu du bel été, c’est l’hiver qui s’est annoncé, avec ses rhumes et ses cache-nez ! Bref, le monde est redevenu sérieux, pantouflard, comme ce n’est pas permis dans ce trop court été ...!
Pour essayer de revenir à nos amis communs, les livres, j’aimerais citer de nombreux "éloges", mais 3 seulement me reviennent : "Eloge de la Folie", "Eloge de la Fuite", "Eloge de la Paresse"... ma culture est assez limitée, comme vous voyez ; au fond, c’est un comble d’aller louanger des dérangements mentaux et des vices ! Ou alors, c’est le comble du paradoxe , qui fait l’éloge de la liberté en faisant l’éloge de la contrainte ? Courage, fuyons !!! Retournons dans les arbres, jusqu’à la cime, dans la "cassiopée"au si joli nom , où l’air est celui du large, rafraîchissant comme une glace italienne ...
Mais un dernier doute m’a traversé l’esprit : pourquoi laisser tomber une contrainte, si c’est pour aller s’enfermer dans une autre ? Je propose un début de réponse : c’est comme dans la mode, tout nouveau, tout beau ; la règle nouvelle, acceptée librement, comme un jeu ( " La règle du jeu" des Surréalistes ), elle n’enferme pas encore ; au contraire, elle libère, elle ouvre sur un espace infini où l’imaginaire va se déployer , découvrir de nouveaux continents ...
C’est comme dans la vie : pas de contrainte dont nous ferions un éloge sincère si cette contrainte n’ouvre pas sur des chemins de liberté ; une liberté à réinventer chaque jour, qui n’oublie personne , comme dans le poème de Yan Ber Piriou qui commence ainsi : "Hent ebet din, met ar Vuhez" ...
Je vous l’offre en remerciement, cher Pascal , pour nous avoir rappelé la gratuité généreuse de la littérature ...

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