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Pourquoi Copenhague ne pouvait être qu’un échec ? - 20 décembre 2009

Le sommet tant attendu de Copenhague vient de s’achever..par un retentissant échec que les uns et les autres s’efforcent d’amoindrir, faute de pouvoir le nier. Quand bien même on pouvait espérer et vouloir qu’il ressorte de ce « rendez-vous historique » comme on a pu le lire de nombreuses fois, (expression marquant combien pouvaient être grandes les attentes) autre chose qu’une triste et pitoyable déclaration d’intention et de bonne volonté à lutter contre le réchauffement climatique (ce qui n’était à bien faire attention à ne pas se laisser abuser par les mots et leur mise en scéne grandiloquente, que le principe même d’entrée en conférence) ; on ne doit pas être plus cela surpris que rien ne soit sorti du chapeau de cette noble assemblée réunie sous l’égide de l’ONU.

Aujourd’hui comme pour limiter le fracas de l’échec, les commentateurs avisés nous parlent de la faillite du système de négociation international. L’ONU cet être désincarné et omnipotent que les nations se sont données pour excorciser leur démon de la guerre, devient le bouc-émissaire tout comme si il pouvait être doué d’une existence indépendante des parties qui le composent, c’est à dire des Nations elles mêmes. Mais pourquoi ne pouvait-on ou ne fallait-il ne rien attendre d’un tel sommet ? Les raisons sont multiples, certaines tiennent à la forme ou à la méthode. On peut les évoquer mais là n’est sans doute pas l’essentiel. Il faudra bien au final en venir à ces raisons de fond qui nous touchent au plus près. Mais commençons par voir ces raisons qu’on nous sert pour expliquer que les choses auraient être autres si on avait su mieux négocier, si la raison et la bonne volonté politique avait été réellement de mise, si on avait mieux su s’y prendre et préparer l’accord. Chacun a pu entendre, « au delà de la colère » Nicolas Hulot exprimer son désapointement et son incompréhension à l’issue des négociations. Il s’étonnait qu’on en arrive là, fustigeant l’impréparation du sommet. Oui comment depuis deux ans que ce sommet est en vue, rien n’ait pu être préparé ? Peut-on raisonnablement croire que tous ces chefs d’état se soient donné rendez-vous il y a deux ans à Copenhague pour parler du réchauffement climatique, sans que rien n’ait été négocié en coulisses ? On se doute bien qu’ils soient tous très occupés par de multiples affaires plus urgente que « l’avenir de la planète » et qu’il n’aient trouvé dans leur agenda commun que cette échéance lointaine - dans 2 ans à Copenhague...Ou bien faut-il croire que la question n’était il y a deux ans pas assez urgente pour qu’on trouve une date avant. Non il est vraisemblable que tous savaient que ce telles négociations ne se réglaient pas en quinze jours de débats marathon et que de longs mois seraient nécessaires pour trouver les bases d’un accord. Alors ont-ils oublié de préparer ? Non sans doute. Alors quoi ? Alors en dépit de la gesticulation des uns et des autres et comment ne pas penser là à notre Sarkosi national, l’échec était probable et ce qui importait alors c’était de donner le change aux médias et à travers eux aux populations, selon une logique pour les plus faux-culs « ce nest pas moi c’est eux », pour les plus « responsables » avec l’aveu d’une faillite du système des négociations Internationales. Bien sûr ici tout le monde n’est pas à mettre dans le même sac, il y a on le sait d’un côté les grandes puissances,et de l’autre les pays déshérités ; mais la complexité est dans cet entre deux des pays émergents, car il y a là des pays qui dans cette affaire compte comme des grandes puissances et des grandes puissances qui ne pèsent pas grand chose ou moins qu’elles ne voudraient ou ne voudraient le faire croire (suivez mon regard). Bref la France n’est pas dans ce G2 qui est bien apparu dans toute sa grandeur (et son impuissance) à ce sommet : et le nouveau président des Etats Unis doit aujourd’hui faire face à cette Chine qui s’éveille. C’est dans cet affrontement des Titans du monde que git peut-être bien la vérité de cet échec de Copenhague mais pas pour les raisons qu’on est bien prêt à reconnaitre, mais pour d’autres qu’on voudrait ne pas voir. Ce n’est pas l’intransigeance ou l’orgueil des Grands qui explique l’échec, qu’elle se manifeste au travers du sentiment d’humiliation d’un Obama attendant plus que de normal le premier ministre chinois Wen Jiabao ou tout simplement cette dramatisation de l’arrivée du cercle des Dirigeant du Monde en fin de course dans les négociations, trop tard sans doute (qui ne fait que nous pousser à nous interroger un peu plus sur le coût social et économique d’une telle mascarade. Est-il juste de parler ainsi de « comédie », de « mascarade » ? Oui d’une certaine manière et c’est là que nous touchons au fond des raisons de l’échec. Car à regarder de près d’un oeil un peu critique – nécessaire à ce moment de l’histoire – dans cet affrontement au sommet auquel on réduit peut-être un peu vite le final des négociations, ce qui se joue n’est-ce pas l’impuissance de la démocratie ? D’un côté, on comprend bien que le régime chinois affirme l’exercice d’un pouvoir politique qui dénie chaque jour la démocratie, en tant qu’elle ne représente finalement que l’expression d’une idéologie occidentale non reconnue au nom de la seule efficacité du développement économique ; mais de l’autre il faut aussi bien voir que les mêmes questions de maintien d’une hégènomie économique l’emporte tant dans la politique internationale des Etats-Unis, que dans l’inquiétude quotidienne du peuple américain.

Nous commençons à voir que dans les ressorts de l’échec, le concert discordant des Nations s’explique non pas par la faillite du système de négociation, mais plus concrétement par la faillite du système capitaliste à penser la décroissance. En fait le système ne pense pas ; aussi faut-il convenir – et c’est bien cela qui est difficile, douloureux au point d’être pratiquement inavouable – que nous sommes tous les porteurs de la pensée du système. D’un point à l’autre de la planète, nos représentants ne font que tristement porter au plus haut point les intérêts particulier des nations, qui sont en fait des peuples, des individus qui les composent. Alors que Copenhague aurait dû être le lieu d’’expression de l’intérêt général, celui de l’ensemble humain que nous constituons, tous que nous sommes embarqué sur le même bateau (à ceci prêt que d’aucuns pensent pouvoir se sauver du naufrage, en se tenant au plus près des barques de sauvetage – comment ne voient-ils pas que comme pour le Titanic, celles-ci couleront aussi sous le poids des naufragés qui s’y accrocheront en désespoir de cause) ; il n’a été que le théatre de la logique dominante du monde que l’occident a su si bien poser comme un universel du progrès : celle du Développement.

Mais parler au nom de l’intérêt du genre humain, nécessiterait que l’on rompe avec cette idée d’un possible progrès infini, sous tendu par l’idéologie du développement économique. Il faudrait changer les règles du jeu. Or Copenhague était tout sauf cela. Il s’agissait d’ajuster les règles pour que la logique puisse continuer ; mais l’échec vient justement signifier que passé un certain seuil, le jeu ne peut plus fonctionner. Il faut être clair, pour que Copenhague ait eu une chance de se conclure par un accord, il aurait fallu que nous soyons, nous les premiers (et quasiment derniers) bénéficiaires du « développement » économique passé, prêts à renoncer à nos privilèges, prêts à voir diminuer notre niveau de vie, prêts à changer nos habitudes et notre mode de consommation. On peut toujours déclarer dans les sondages y être prêt – cela donne un peu de baume au coeur et un peu d’espoir ; mais nos actes ne suivront sans doute véritablement (malheureusement) que sous l’effet de la contrainte, liée à la rareté des ressources du fait de leur épuisement qui s’annonce et s’accélère. Rassurons nous ;-) la terre finira bien un jour par se refroidir par manque de combustible, et par la disparition de la dernière espèce d’homme. Tout passe.

En attentant pour en savoir plus :
- Le dossier du réchauffement climatique sur Wikipédia
- le tableau des pays émetteurs de carbone


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Pourquoi Copenhague ne pouvait être qu’un échec ?
15 septembre 2015, par simon

Je suis à la recherche de bons contenus et je l’ai trouvé grâce à vous ! merci ACIESthibaut.verville@laposte.netthibaut.verville@laposte.net