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LE LONG CHEMIN DE LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE par Alain Collet - 17 mai 2008

Une soirée de 2003, poussé par je ne sais quoi, je franchis les portes de l’auditorium de Blanchardeau. La salle est quasiment pleine. Je ne connais personne. Je m’installe dans les sièges feutrés et j’attends patiemment le début de la soirée consacrée à la « création d’un développement durable sur le territoire de la Communauté de Communes dans une démarche de démocratie participative ». Quel programme !

J’écoute avec une grande attention les interventions des uns et des autres. Je suis admiratif de voir avec quelle facilité les personnes présentes s’expriment sur le sujet. Je me trouve, à n’en pas douter, dans un monde d’initiés, en quelque sorte des « docteurs » en démocratie participative et en développement durable. Faut-il rester ou faut-il fuir ? Je reste !

C’est ainsi que j’ai fait mes premières gammes avec « la démocratie participative ». C’est aujourd’hui une appellation très à la mode qui est devenue incontournable qu’il s’agisse d’un discours, d’une interview, d’un écrit, d’un reportage. Point de salut, sans y « caser » cette expression !!!

Cinq ans après, qu’en est-il ? La participation des citoyens à la vie de leur commune ou de leur territoire est-elle devenue une réalité ? Les citoyens sont-ils écoutés ? Les habitants ont-ils la parole ?

Le Conseil Citoyen a, bien sûr, été créé. Ce n’est pas rien ! Ses membres essaient - chaque fois que possible - d’apporter un avis pertinent sur les sujets d’actualité. Les commissions communautaires sont ouvertes au public. Le président du Conseil Citoyen a désormais la possibilité d’intervenir en conseil communautaire au nom de l’association. Les rapports avec les agents de la Communauté de Communes Lanvollon Plouha sont cordiaux et productifs ; et loin d’être utopique, l’exercice de la démocratie participative apparait comme un objectif parfaitement viable. Reste tout de même une question en forme d’inquiétude : le Conseil Citoyen, toujours écouté avec respect, est-il également bien entendu ?
Dans les communes, j’aurais tendance à dire que les choses évoluent dans le bon sens mais que nous sommes encore bien loin des belles envolées entendues ou lues ici et là. A qui la faute ? Aux élus ? Aux citoyens ?
Je n’ai pas rencontré d’élus qui soient contre la démocratie participative. Cependant, il me paraît important de préciser qu’il s’agit d’un art très compliqué à mettre en œuvre. En effet, inviter des habitants à venir débattre d’un sujet ou d’un projet ne s’improvise pas et nécessite une certaine dose de courage et de ténacité. La difficulté de l’exercice rebute certains élus qui auront une préférence pour les commissions à huis clos. Des communes ont néanmoins choisi l’ouverture. Espérons qu’elles seront suivies par plusieurs autres.

Et les citoyens ? Que veulent-ils ? Ne veut-on pas parfois leur faire avaler de force la démocratie participative ? En veulent-ils vraiment ? Beaucoup, pour diverses raisons - qu’il serait intéressant d’analyser - ne souhaitent pas participer à la vie sur le territoire. Ils se confinent dans un rôle de consommateurs. En revanche, je pense fortement que certains auraient la volonté de s’impliquer mais optent pour l’attente, considérant que plusieurs obstacles se dressent devant eux : la difficulté de rejoindre et de s’immiscer dans un groupe déjà existant, le manque de disponibilité, la peur de s’exprimer en public, l’appréhension de ne pas être à la hauteur. Le taux de participation à la vie de la commune ou du territoire reste donc trop modeste. Pourtant en privé ou dans un milieu familier, ces mêmes personnes échangent, émettent des idées, expriment des opinions. Ce sont celles-là qu’il faut aller chercher, qu’il faut rencontrer pour les convaincre de participer publiquement à la vie de leur commune ou de leur territoire.
Revenons sur la notion « d’être à la hauteur » citée précédemment. Comme je l’ai écrit au début de mon propos, nous pouvons apparaitre comme appartenant à un monde d’initiés avec notre « dialecte ». Ne faudrait-il pas que chacun, et là je pense également aux élus qui ont un rôle dans la vie publique, s’interroge sur le niveau de son discours afin de revenir à un langage simple, ouvert et compréhensible par tous.

La démocratie participative ou plutôt la participation des citoyens à la vie de la commune ou du territoire est un bel idéal mais le chemin reste encore très long. Aujourd’hui, face au bilan, faut-il désespérer ?
Non, je pense qu’il faut y croire et que peu à peu les choses bougeront : persévérance et optimisme, agrémentés d’une dose de naïveté voire d’un brin de folie devraient constituer un cocktail qui, délivré régulièrement par les membres du Conseil Citoyen, contribuera à faire évoluer les esprits et portera un jour ses fruits.


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