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Une retraite à Lanvollon - Une histoire prospective de Yves Morvan
- 24 décembre 2006

Le Conseil de Développement organisait jeudi 21 décembre au Moulin de Blanchardeau les premières rencontres de prospective territoriale. 120 personnes se sont retrouvées pour des ateliers autour de 3 tables rondes de réflexion, sur le développement du Pays de Guingamp. Yves Morvan clôlurait l’aprés midi par une histoire situé au 21 décembre 2020...

"La prospective territoriale. L’art et la méthode"

Patrick Solo, président de Conseil de développement du Pays de Guingamp, ouvrait comme il se doit ces premières rencontres de prospective territoriale, introduisant l’intervention préliminaire des travaux de l’après midi, de Guy Loinger. Docteur en sociologie et en économie, ce dernier présentait de manière savante "la prospective territoriale" conçue comme un art et une méthode.

Pour lui, la prospective n’est pas une science exacte, ce n’est pas la fururologie ou la capacité à lire le futur dans une sorte de boule de cristal numérique, alimentée par des courbes de tendances, c’est plutôt "une culture, un état d’esprit, un méthode". C’est un art du questionnement des systèmes en interactions qui conditionnent la variation des scénarios possible de l’évolution présente. Cela sert à "penser le temps long pour agir dans le temps court de la décision et de l’action".

Guy Loinger, montrait en même temps que le territoire cristallise les héritages et un poids d’inertie qui pèsent sur les évolutions possibles. AInsi , il rappelait quelques uns des traits "négatifs" mais aussi positifs pesant sur le Pays de Guingamp :
- une évolution démographique moyenne mais positive, favorisant plutôt le littoral que le coeur du pays.
- un "petit pôle" coincé entre des territoires à capacité de rayonnement plus important (St Brieuc, Morlaix, Lannion)
- un chômage de longue durée, facteur de pauvreté manifesté par un taux de RMIste important
- un contexte favorisant la dépression jusqu’au suicide en particulier élevé chez les jeunes
- néanmoins une conscience avancée de l’enjeu du développement durable, mais insuffisamment soutenue par des investissements en Recherche&Développement dans les technologies durables.

Tout l’intérêt de l’intervention par moment complexe, était dans l’affirmation que le futur n’est pas déjà écrit, qu’il est une construction du présent dont le développement et la réussite sont fonction d’une visualisation des objectifs à atteindre et des scénarios possibles pour y arriver. Il faut donc savoir où on veut aller et disposer d’une bonne carte qui indique les chemins possibles, et éventuellement d’une boussole pour ne pas se perdre. Bref, le politique peut encore exercer son pouvoir sur les contraintes de l’économie. "L’avenir c’est quelque chose qui s’invente comme une oeuvre, comme un ouvrage."

A la question de PatricK Solo de savoir si le Pays de Guingamp était un territoire de rêve suffisant ; Guy Loinger répondait que l’échelle du Pays est un espace de liberté, car il n’est pas un cadre administratif d’action déterminant. Dès lors le rêve est accessible par l’énergie qui peut être déployée par des instances volontaires comme le Conseil de Développement, par les moyens qu’il pourra mettre en oeuvre par ses moyens propres, à condition toutefois de pouvoir s’articuler efficacement aux instances de décision et d’action. "C’est un problème de gouvernance".

"Quel pays de Guingamp demain ?"

Cette intervention était suivie de 3 ateliers :
- Vers une économie du service à la personne
- Vers un modèle de développement durable
- Vers des réseaux d’entreprises locales renforcés

Patrick Solo rapportait pour l’atelier 1. Cet atelier mettait en évidence l’attention de plus en plus portée au "problème" du vieillissement de la population. L’approche des questions se fait de plus en plus sur le thème de l’Intergénérationnel, perçu comme une valeur positive à développer. Plusieurs propositions ont pu être faites par les participants :
- le développement d’un site Internet à vocation pratique pour les retraités (associations et activités, places disponibles dans les maisons de retraites...)
- Développement d’un tourisme hors saison
- Favoriser la cohabitation intergénérationnelle
- Développement des services en milieu rural en direction des familles jeunes
- Formation aux nouveaux métiers demandant de nouvelles compétences pour les artisans pour s’ajuster aux nouveaux marchés

L’atelier 2 était consacré au thème du "développement durable". Les réflexions de l’atelier tendaient à montrer que ce concept devenait mûr de manière pratique, n’étant plus circonscrit à un usage par les seuls militants environnementalistes. Il ressortait des discussions que l’homme doit être mis au centre du développement qui doit s’appuyer sur des initiatives locales. Bref l’avenir de la planète se construit au jour le jour par l’action des hommes (et des femmes) à l’échelle de leur vie locale quotidienne : des gestes simples pour économiser l’énergie..."Penser global et agir local."

Yves Morvan rapportait le 3 ème atelier. Il rappelait que "dans un monde de plus en plus ouvert, caractérisé par l’essor technologique et par l’exacerbation de la concurrence, la concentration sur le métier conduit les entreprises à se mailler sur leur territoire en complémentarité avec d’autres entreprises complémentaire". Un certain nombre de points apparaissent alors :
- la nécessité d’un travail partenarial ou de co-traitance
- l’intérêt pour mieux gérer les problèmes d’emploi par le biais de groupements d’employeurs,
- l’intérêt pour le développement des échanges d’informations utiles au développement économique local
- l’importance d’outils pour identifier les entreprises et leurs compétences au plus près du territoire

Pour renforcer ces réseaux, il faut pouvoir les interconnecter, mais aussi tisser des liens plus étroits entre les entreprises avec les acteurs locaux et en particulier pour le développement des compétences futures et la formation des jeunes. L’idée de la nécessité d’un observatoire "emploi-formation" était à nouveau bien présente.

"En retraite à Lanvollon..."

Constatant que l’après midi avait été riche et productive, mais aussi fatigante, Yves Morvan, professeur d’économie, président de la section prospective du Conseil Economique et Social de la Région Bretagne, se proposait de conclure les travaux par une histoire prospective. Si situant le 21 décembre 2020, il racontait comment un couple de retraités (arrivant à l’âge de 70 ans) venaient se poser à l’aérogare intercontinenctal de St Jacques de la Lande (entre Nantes et Rennes) pour prendre le train à Très Grande Vitesse jusqu’à St Brieuc pour arriver en moins de 1 heure à Lanvollon...où allait les accueillir le nouveau maire de Lanvollon, un irlandais implanté là depuis quelques années déjà...
Yves Morvan s’appuyait ainsi sur un certain nombre de faisceaux d’évolution en cours pour dessiner une Bretagne toute nouvelle :
- une bretagne encore embellie par le règlement des problèmes de pollution aux nitrates (plus d’algues vertes, de l’eau pure et buvable...)
- des jeunes implantés dans le monde rural redynamisé et complétement articulé à la vie urbaine
- une démographie positive grâce à l’attractivité du territoire (la population est passée de 3 millions d’habitants en 2005 à 3,6 millions)
- un paysage agricole transformé, moins d’exploitations mais des exploitations plus grandes, dont la production sert tout autant à l’industrie agro-alimentaire traditionnelle, qu’à une nouvelle industrie de transformation agro-chimique.
- une société de services (80 % de la population active est dans le secteur des services)
- une société plus mobile, où les gens se déplacent davantage

Cette histoire était réconfortante à la veille de Noël, apparaissant comme un conte. Mais le professeur Morvan l’assurait "les problèmes de la Bretagne en 2020 ont été réglés, par le développement de la mondialisation, par le développement de la technologie. Elle est devenue attractive".
Mais si l’on en croit Yves Loinger, tout cela est peut-être dans les courbes...encore faut-il le vouloir et le construire...


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